Dans les coulisses d’un reportage télé sur les gens du voyage

29 juin 2011
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Avant la diffusion d’un reportage sur la vie quotidienne de voyageurs dimanche 3/07 à 17h10 sur M6, entretien avec Sébastien Gilles, journaliste.

Les reportages télés sur des sujets sensibles comme la vie quotidienne de voyageurs est un exercice délicat. Vous montrer des gens normaux se conduisant correctement vous prenez alors le risque de ne pas être cru ou d’être accusé d’angélisme. Vous cherchez et vous sélectionner des images qui correspondent aux préjugés (misère, délinquance), vous tombez dans le racisme banal.  Beaucoup de choses se jouent au montage et dans le commentaire. Nul dans l’équipe des Dépêches tsiganes n’a vu ce qui sera diffusé dimanche après midi sur M6 dans le cadre de l’émission 66 minutes. Déjà, la démarche du journaliste auteur du reportage et ses questionnements donnent des indications. Néanmoins ceux-ci ne présagent pas totalement du résultat final qui dépend des instructions données par les producteurs et les responsables de la chaine.

Dépêches tsiganes : Pourquoi ce reportage ?

Sébastien Gilles : Je ne suis pas spécialisé dans un type de sujet précis. Je couvre tout sortes d’évènements et de sujet de société en France et à l’étranger. En couvrant les évènements de Saint Aignan sous l’angle fait divers qui s’intéresse à des personnes bien précises dans une situation très particulière, notre équipe s’est interrogée. Nous voulions aller plus loin et essayer de voir ce que vivaient les gens du voyage au quotidien. Les familles que nous avions rencontré dans le loir et cher ne voyageant pas nous avons cherché un groupe qui accepte que nous vivions avec eux le temps d’une étape et que nous les suivions dans leurs activités de tout les jours.

Dépêches tsiganes : Pourquoi France liberté voyage et le groupe sous la responsabilité de monsieur Delage

Sébastien Gilles : Je suis novice sur le dossier gens du voyage. Nous avons choisi ce groupe là parce qu’ils acceptaient de répondre sans tabou aux questions qui fâchent sur les grosses voitures, la légalité des branchements faits avant d’avoir reçu les autorisations, la scolarisation, les titres de circulations, la propreté des terrains, le travail sur les marchés. Nous avons pu avoir des dialogues approfondis sur ces questions.

Dépêches tsiganes : Etes vous convaincus par les réponses ?

Sébastien Gilles : Nos interlocuteurs nous ont donnés leurs explications. Elles correspondent à ce que nous avons pu observer. Notre propos n’était pas de nous livrer à des enquêtes approfondies. Nous voulions montrer pourquoi les gens du voyage sont attachés à leur mode de vie et ce qu’il signifie pour eux.

Dépêches tsiganes : Est-ce un groupe représentatif ?

Après le reportage, je me demande si nous ne sommes pas tomber sur un groupe idéal. Ils nous ont promis un terrain laissé parfaitement propre après leur départ et ont tenu leurs engagements. Est-ce le cas de tous les groupes ? Mais chez les sédentaires aussi on trouve personnes très soigneuses et d’autres moins. Les personnalités des gens et les circonstances jouent certainement un rôle très important dans ce qui se passe lors de chaque étape. Mais c’est le propre de toutes les populations. Pour le savoir il faudrait se spécialiser et suivre le sujet pendant des années. Mais ce n’est pas notre métiers nous sommes déjà sur d’autres sujets qui n’ont rien à voir avec les gens du voyage.

 

 

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